dimanche 5 juillet 2009

Événement : comment accomoder les blogueurs ?

La Société canadienne en relations publiques (SCRP) a intégré plusieurs facettes des médias sociaux dans l'organisation de son congrès annuel cette année. Compte Twitter pour suivre les conférences, événement Facebook, blogue On the Edge sans oublier les vidéos agrémentant le site Internet qui ajoutent à l'interactivité (on repassera pour le bilinguisme du site...).

Comment intégrer au maximum les communications numériques lors d'un colloque, d'une conférence, d'un congrès ? C'est à cette question que répond de façon fort pertinente Martine Dorval dans son dernier billet. Plusieurs de ses recommandations peuvent aussi s'appliquer à un événement destiné aux médias et aux blogueurs (ou seulement à ces derniers). Voici un résumé de ma lecture et quelques commentaires :
  • Fournir un accès Internet sans fil lors de l'événement et en informer les participants. Ceux-ci pourront se mettre en mode blogueur ou gazouilleur selon leur humeur !
  • Demander aux blogueurs de s'identifier. On les repère pour les traiter, selon Martine, comme des journalistes avec accès spécial et salle réservée (café, postes de travail). En les identifiant, ceux-ci peuvent aussi se reconnaître entre eux. Note : Lorsque j'ai invité des blogueurs et des médias lors d'un même événement, je me suis demandé si les journalistes s'en offusqueraient. Pas du tout, tout le monde a eu l'air de bien s'entendre. Chacun son créneau, chacun sa mission, chacun son public... Dans le cas d'un événement à teneur politique, ça a déjà toutefois soulevé bien des tollés...
  • Recruter des blogueurs officiels (connus) et le faire savoir. Par exemple, la Société québécoise des professionnels en RP (SQPRP) a demandé au très respecté Claude Malaison d'agir à titre de "blogueur émérite" via Twitter lors du gala des Prix d'excellence le 29 mai dernier.
  • Offrir des primeurs aux blogueurs. Si vous avez pensé à des informations spéciales pour les médias, penser à en trouver d'autres pour les blogueurs. Il faut aussi se rappeler que blogueurs et journalistes ne s'intéressent pas nécessairement aux mêmes genres de scoop. Merci au vénérable Carl Charest qui m'a déjà prodigué quelques conseils à ce sujet :o)
Je pourrais ajouter qu'il peut être intéressant de webdiffuser les conférences afin de rejoindre les gens qui ne peuvent se déplacer, comme cela a été fait à Podcamp Montréal l'an dernier par exemple. Au 3e mardi, notons aussi que toutes les soirées sont filmées puis ensuite diffusées. On pousse finalement l'information au maximum afin que celle-ci vive même une fois que l'événement terminé. Quels sont les incontournables pour un événement à l'ère du web selon vous ?

samedi 20 juin 2009

Relations publiques et marketing : la même éthique ?

Ces temps-ci, je dois dire que mon métro-boulot-dodo est assez rock'N roll. Je n'aurais toutefois jamais osé manquer le dernier 3e mardi ! Au menu : éthique, relations publiques et médias sociaux.

S'étant déroulé ce mois-ci sous la forme d'un panel, la soirée nous a amenés en tant que professionnel des communications à réfléchir sur nos pratiques, sur notre code d'éthique et sur notre vision des médias sociaux avec, pour thème central, le cas du Bixi. Une question a suscité plusieurs réactions : est-ce que les gens de Morrow auraient orchestré toute leur supercherie autour de l'objectif de créer un simple buzz ? Parlez-en bien, parlez-en mal, mais parlez-en ? J'en doute comme stratégie de relations publiques... Mais si c'était plutôt une tactique de marketing - de guerilla marketing comme l'a indiqué Jacques Nantel ? À moins que ce ne soit un coup de publicité ?

La frontière entre les disciplines des communications est de plus en plus mince : relations publiques marketing, communication intégrée, etc. Soulignons que les médias sociaux en soi constituent un joli un melting pot de disciplines - web, relations publiques, marketing, RH même pour certains (voir en référence cette question posée lors d'un Yulbiz en 2008). Si le tout s'entremêle aussi facilement, qu'en est-il du code d'éthique de chacune des industries ?

Selon le code de déontologie de la Société québécoise des professionnel en relations publiques :
3.Tout membre doit s'astreindre aux plus hautes normes d'honnêteté, d'exactitude, d'intégrité, de vérité et ne doit pas sciemment diffuser des informations qu'il sait fausses ou trompeuses.
Selon le code d'éthique de l'AMM-PCM :
Honnêteté—agir avec franchise et honnêteté dans nos rapports avec les clients et les intervenants.
• Nous dirons la vérité dans toutes les circonstances et en tout temps.
• Nous offrirons des produits de valeur qui font ce que nous annonçons dans nos communications.
• Nous prendrons la responsabilité de nos produits s’ils échouent à offrir les bienfaits annoncés.
• Nous honorerons nos engagements et promesses explicites comme implicites.
Selon le Advertising Standards of Canada / Les nomes canadiennes de la publicité :

1. Véracité, clarté, exactitude

(a) Les publicités ne doivent pas comporter d’allégations ou de déclarations, des illustrations ou des représentations inexactes ou mensongères, énoncées directement ou implicitement quant à un produit ou service. Lorsque le Conseil doit attester de la véracité d’un message, il ne s’intéressera pas à la légalité de sa formulation ou à l’intention de l’annonceur. Il considérera plutôt le message tel que reçu ou perçu, c’est-à-dire l’impression générale qui s’en dégage.

(b) Une publicité ne doit pas omettre une information pertinente de façon à être ultimement mensongère.

(c) Tous les détails pertinents se rapportant à une offre annoncée doivent être clairement énoncés et compréhensibles.

Chaque discipline joue un rôle différent dans une stratégie de communication selon les objectifs à atteindre. Dans le cas du Bixi, peu importe le but à atteindre, bâtir une stratégie sur du faux n'aurait jamais dû figurer parmi les options possibles. Comme l'a souligné Pierre Bouchard, un des conférenciers invités du panel du 3e mardi, il y a eu décidément une mauvaise analyse des enjeux et un mauvais choix de stratégie à mettre en place pour répondre aux objectifs du client.

Bien au delà des codes d'éthique auxquels adhèrent les professionnels des communications selon leur association ou leur discipline, qu'en est-il du code moral de chacun ? Bien qu'aucun officier de l'éthique régisse nos actions (!!!), lorsque qu'on se couche le soir, on veut pouvoir s'endormir la tête tranquille, non ? Au fil de notre carrière, les clients se succèderont. Toutefois, une chose demeurera : nous nous retrouverons toujours avec nous-mêmes. Une fois devant le miroir, nous n'aurons d'autres choix que de nous demander : ai-je fait ce qu'il fallait ?

mercredi 20 mai 2009

Pour que votre monde tourne plus rond



Que feriez-vous pour que votre monde tourne plus rond ? Allez-y dites n'importe quoi. Quelque chose de fou qui améliorerait votre quotidien, qui vous ferait sourire. Des idées ?

Ceux qui me connaissent personnellement savent que je suis très enfantine. J'aimerais bien qu'on installe une piscine remplie de balles au centre-ville - vous savez comme dans le jeux au McDo ? Jamais pu essayer ça dans mon enfance, imaginez le manque... Qu'à cela ne tienne, Mentos est là pour peut-être réaliser mon rêve ! Comme je fais partie de l'équipe qui a orchestré cette campagne web, je ne pourrai pas aller sur le site Pourquevotremondetourneplusrond.ca pour proposer mon idée... mais je peux vous inviter à y aller à ma place par contre ! Dans le cadre de ce concours (jusqu'au 5 juillet), Mentos réalisera deux des meilleures idées folles soumises par le public en août (un au Québec et l'autre ailleurs au Canada) en plus d'offrir 5 000 $ à chacun des gagnants.

Pour lancer la campagne au Québec, un événement rempli de rebondissements (calembour !) s'est déroulé à Montréal lundi dernier. Dans le but de créer un moment fantaisiste et joyeux, une centaine de personnes ont sautillé avec des jumping balls en plein centre-ville sur l'heure du dîner. Fidèles à eux-mêmes, les Chick'n Swell (présidents du jury pour le concours dans la belle province) étaientprésents pour inviter les gens à effectuer toutes sortes de folies (dont un jeu de quilles humain géant). Aurélie Alaume a d'ailleurs laissé son orgueil de côté et est venu lâcher son fou avec moi (je n'allais pas tout de même regarder les autres avoir du fun sans rien faire !). J'ai aussi vu au passage quelques curieux dont Pierre Bouchard et Serge Vallière. Carl Charest m'a aussi dit être venu faire son tour... Bref, si vous avez manqué ce moment dingo, la vidéo a été mise en ligne hier sur Youtube. Allez voir aussi celle de Toronto, sauter dans la peinture ça devait être pas pire aussi...

Si vous voulez encourager notre campagne ou échanger avec nous via Twitter , Facebook ou FlickR, n'hésitez pas ! Ça se fait sans prétention... Venez déconner avec nous :o)

samedi 16 mai 2009

Cas Bixi : éduquer les clients mais surtout nos collègues

Je ne manque assurément pas de sujets pour bloguer... peut-être un peu de temps. Mon ami Jordan appelle ça de la procrastination - attendre le moment parfait / le billet parfait / le sujet parfait avant de publier. Ça se soigne ? :o)

La semaine dernière a été haute en couleur donc pour l'industrie des communications. D'abord, le scandale de Morrow Communication avec le Bixi - faux blogue, personnages fictifs; des échanges avec la communauté basées sur du bidon. "Et puis, ça se fait ailleurs..." de répondre M. Morrow à Patrick Lagacé lorsque celui-ci lui a demandé le pourquoi du comment. Quelle excuse ! Ça se fait si tout le monde le fait ! Comme ma mère me disait plus jeune pour ne pas que je me laisse influencer par toutes sortes de niaiseries : Si quelqu'un saute en bas du pont, sauteras-tu toi aussi ?

Bref, quand d'autres font des choses d'insensées, dois-tu suivre le lot ? Ceux qui agissent sans se poser de questions ne devraient pas agir. Une campagne de communication basée sur la tromperie, ça ne se fait pas, 2.0 ou non. Le gros bon sens, non ? Foutue mauvaise pub pour le Bixi, un projet génial tout de même... Et le client dans tout ça ? Il a acheté ce qu'on lui a vendu comme stratégies et comme tactiques. Doit-on lui en vouloir ? Il a fait affaire avec un "professionnel". Pour citer Guy Litalien, professionnel des RP aguerri, qui commentait l'affaire sur Facebook :

En passant, il est tout de même incroyable qu'aujourd'hui que des pros de la communication omettent la base déontologique de leur pratique. Extrait du code de déontologie de la SQPRP et la SCRP : Tout membre doit s'astreindre aux plus hautes normes d'honnêteté, d'exactitude, d'intégrité, de vérité et ne doit pas sciemment diffuser des informations qu'il sait fausses ou trompeuses.

Tout professionnel des RP soucieux des intérêts de son client ne prendrait le risque de salir l'image de ce dernier, ni de saper la confiance fragile du grand public envers lui. Michelle Sullivan en parle aussi de ce code d'éthique et a même lancée une invitation à M. Morrow pour le 3e mardi de demain ! Pas bête, car il importe que tous nos collègues comunicateurs intéressés par les médias sociaux apprennent à les utiliser dans les règles de l'art. Transparence, authenticité et collaboration. Sinon, comme le dis Marie-Claude Ducas, le grand perdant ce sera 'industrie des communications...

Rappelons au passage que les médias sociaux, ça ne se prête pas à tous les mandats et à tous les clients. Inclure les médias sociaux dans un plan de communication intégrée n'est pas une obligation; il vaut toutefois la peine de s'attarder un instant pour en examiner la pertinence. Selon Dimitri Gourdin, c'est la dictature des médias sociaux qui amènerait plusieurs non-initiés à proposer n'importe quoi à ses clients afin d'être dans le coup. Je suis assez d'accord. Toutefois, la pression vient beaucoup des clients également : ils veulent être dans les médias sociaux. Ils ne savent pas comment ni nécessairement pourquoi parfois, mais ils sont intéressés. À nous de les éduquer. À nous aussi d'éduquer nos collègues qui s'intéressent à la chose. On se voit demain au 3e mardi ?

mercredi 29 avril 2009

Les blogueurs ou les leaders d'opinion selon le Two Step Flow

Dans le cadre de mon travail cette semaine, j'ai invité plusieurs blogueurs à un événement. Nous les invitons au même titre que les journalistes. Ma collègue en charge du dossier est sceptique par rapport à la pertinence d'inviter les blogueurs à cet happening. Pour elle, il est bien plus avantageux que des journaux ou des magazines soient sur place, car elle connaît leur reach (leur portée).

Je comprends tout à fait sa position. En relations publiques, les clients mesurent notre performance par le nombre d'articles / mentions dans les médias, et surtout, en nombres de personnes rejointes (un peu comme en publicité même si les deux ne se comparent aucunement). Pour répondre aux attentes de la majorité des clients, il faut donc réussir à rejoindre le plus de monde possible. Vis-à-vis des Canoë ou des Voir.ca, le billet d'un blogueur ne fait pas le poids. Alors pourquoi en relations publiques devrait-on dépenser de l'énergie à rejoindre des blogueurs qui ne parlent en moyenne qu'à 500, 1 000 ou 5 000 francophones au Québec par mois ?

Je ne veux certainement pas rentrer dans le débat journalistes VS blogueurs quant à l'éthique, la pertinence des propos, etc. Je souhaite plutôt souligner ce qu'ils ont en commun. Tous deux ont la capacité de transmettre de l'information oui, mais ils peuvent surtout influencer la population. À ce sujet, Lazerfeld, avec sa théorie du Two Step Flow (The People's Choice - 1944), a été le premier à parler du pouvoir des médias. Dans Wikipédia, on peut lire :
[...] les électeurs, en grande partie, choisissent de voter pour un candidat donné en fonction de leur entourage. Parmi leurs proches, certains sont plus influents : ce sont des « leaders d'opinion ». Or, ceux-ci ont comme particularité d'être à l'écoute des médias et de définir leur position politique selon les messages qu'ils diffusent.

Ça, c'était avant que le journalisme vive les transformations que l'on connaît (coupures, information continue, sensationnalisme, convergence, etc.), avant la mutation de toute l'industrie des communications (omniprésence de l'information) et l'évolution de la psychologie des consommateurs. Les gens n'avalent plus de façon automatique ce que leur disent les médias, ils leur font beaucoup moins confiance qu'auparavant. La profession de journaliste serait même aujourd'hui aussi malmenée que celle de vendeur automobile...

Alors, qui les gens écoutent-ils, à qui font-ils confiance ? À leurs amis, leurs parents, leurs proches, des personnes dans leur réseau. Comme notre réseau s'est pas mal agrandi avec le développement du Web, nos amis ce sont aussi des blogueurs. Leur influence est non négligeable. En tant que leaders d'opinion, ils n'agissent pas comme simple relayeur d'information; ils la choisissent, la digèrent, la remâchent, et la transmettent avec leur saveur, leur couleur, leur propre "sceau de qualité".

Il faudra éduquer les clients. Avec les médias traditionnels, on rejoint beaucoup de monde certes, mais avec les blogueurs, on rejoint un groupe plus ciblé, plus segmenté. Le journaliste est un intermédiaire, le blogueur est un consommateur. En lui parlant, on échange avec un client actuel ou potentiel. À son tour, il parlera à d'autres futurs clients. Le plus l'fun ? On a la possibilité d'avoir leur feedback, on engage la conversation. Ont-ils aimé l'événement auquel on les a conviés ? Q'aimeraient-ils améliorer ? On a accès à tout un focus group !

En sommes, les relations avec les médias et les blogueurs se comparent, mais ils ne répondent pas aux mêmes objectifs de communication.

lundi 20 avril 2009

3 campagnes de communication 2.0

Ça fait un bon moment que je cherche l'inspiration divine. De quoi pourrais-je vous parler ? Il faut dire qu'en ce moment j'ai la tête ailleurs; je travaille sur plusieurs projets fort excitants chez Optimum. J'ai très hâte de pouvoir vous en dire davantage ! Ce que je peux vous dire, c'est que la plupart des campagnes de communication sur lesquelles je travaille intègrent les médias sociaux. Quel beau terrain de jeu !

Plus que jamais je lis sur ce qui se fait, j'observe, je prends des notes, je pose des questions. Il y a plusieurs campagnes qui attirent mon attention ces temps-ci :

Jaune uni : Vous aviez vu les publicités dans le métro ? On nous incitait à aller sur le site Internet sans nous dévoiler quoi que ce soit d'autre. Beau teaser, un drive-to-web efficace pour cette campagne de la Société canadienne du cancer qui a adopté le jaune comme couleur symbolique. Soutenez la cause sur le site de plusieurs façons :
- publiez une photo avec une élément jaune et votez pour les photos qui vous plaisent
- achetez un bulbe qui sera planté dans ce qui se veut le plus grand jardin de jonquilles
- achetez une chanson de Baptiste - Cette chanson a d'ailleurs été chantée par 60 personnes lors d'un simili flashmob dont a parlé Dominic Arpin sur son blogue.

One Drop : Michelle Sullivan a tout de suite embarqué. La campagne a suscité un bel engouement pour la Journée mondiale de l'eau le 22 mars dernier. Une cause qui s'est faite présente partout sur le web : Twitter, Facebook (groupe et Fan Page), FlickR et YouTube.

Hypercube : Un concours pour gagner une auto, rien de nouveaux sous le soleil. C'est leur compte Twitter qui m'a mis la puce à l'oreille. Une très belle utilisation de cette plate-forme dans les deux langues. Tantôt pour diffuser des messages sur la campagne, tantôt pour échanger naturellement avec les followers. Ils m'ont même écrit en tant que blogueuse pour que je participe au concours (ma 1re sollicitation !). Même si le message n'était pas parfait (ils m'ont demandé de les suivre sur Twitter alors que j'étais déjà follower), l'approche était sympathique. Ils n'ont cependant jamais répondu à mon courriel... Il faudra repasser pour bâtir une relation avec les blogueurs. Ils ont également écrit une page sur Wikipédia !

Je suis fascinée par la capacité du web de rassembler les foules, d'unir les gens, de les faire participer. Quoi de mieux pour les consommateurs que de pouvoir s'amuser avec une marque ? Qu'en pensez-vous ? Quelles sont les campagnes qui suscitent votre intérêt ces temps-ci ?

dimanche 5 avril 2009

Maple Leaf - un nouveau blogue pour maintenir le contact

C'est Michelle Blanc qui va être contente !

Maple Leaf a décidé de lancer son blogue le 25 mars dernier. Je me souviens que pendant la crise de la listériose l'été dernier, Michelle suggérait justement à Maple Leaf de créer un blogue pour dialoguer avec le public inquiet, expliquer ce qu'est la listéria, etc.

Quelques jours avant, j'avais commenté moi aussi la situation, relantant positivement la façon dont les gestionnaires de l'entreprise géraient la crise jusqu'à présent. Ils avaient avoué leurs fautes, réagi rapidement, effectué de multiples rappels d'aliments (plus qu'il n'en fallait), établi une ligne d'urgence d'information rapidement, etc. Donc, après la lecture du billet de Michelle, je vous avoue sincèrement m'être dis "Le blogue, toujours le blogue ! Il ne peut pas être de toutes les solutions".

Quelques jours plus tard, ma douce moitié qui - je vous le rappelle - travaille pour Maple Leaf, revient du boulot un peu fâché et me lance "Ah ces journalistes, ils exagèrent pour faire peur aux gens, ils n'expliquent pas que la bactérie de la listéria se trouve partout ! Ils omettent de l'information capitale". Et moi de me dire alors "Si les médias ne transmettent pas l'information comme il se doit, comment l'entreprise peut-elle rejoindre le grand public ? Le blogue devient effectivement un outil fort utile pour parler aux gens".

Mieux vaut tard que jamais, Maple Leaf a ainsi lancé son blogue intitulé Our Journey to Food Safety Leadership. Le PDG, Michael McCain, écrivait déjà une fois par semaine à tous ses employés pour leur parler de la vision de l'entreprise, de ses projets et même de sa famille. Des messages très personnels, rien à voir avec les "Mots du président" qu'écrivent les professionnels en RP comme moi ! Avec ce blogue, McCain ouvre la conversation à monsieur et madame Tout-le-Monde et continue d'être lui-même, d'être authentique et humain. Quelle belle initiative !

Je vous ai mis plus bas l'intégral du À propos du blogue. Je trouve qu'il est inspirant pour d'autres entreprises qui souhaitent être plus transparentes et engager une conversation avec leurs publics en temps de crise oui, mais surtout à long terme. Alors à Pierre Bouchard qui se demandait si la confiance du public reviendrait après la crise, je réponds : Maple Leaf est assurément sur la bonne voie.

Food safety has been increasingly in the news since the August 2008 Listeriosis outbreak and rightly so, since Maple Leaf deli meats contaminated with Listeria led to the tragic loss of life of 21 Canadians and made many others ill.

We believe it is our responsibility to maintain direct and open communications on a subject that is of high interest and importance to everyone. This blog will engage leaders from Maple Leaf Foods including CEO, Michael McCain, and Chief Food Safety Officer, Dr. Randall Huffman, in a dialogue with interested Canadians and others as we continue on our journey to food safety leadership.

This blog will feature commentary on our progress, including videos and podcasts, address topics and questions related to Listeria and other food safety issues, and respond to events as they occur.

We invite you to interact with us through this blog, sharing your comments, questions and opinions. We look forward to engaging in a productive and candid conversation on this important topic.

dimanche 22 mars 2009

Défendre l'indéfendable en relations publiques

Samedi le 14 mars dernier lors du colloque Parle parle jase jase, j'ai pu entendre en fin de journée la conférence de l'ex-animateur vedette de TQS (maintenant blogueur à LCN), Jean-Luc Mongrain. Dire que le personnage était destiné à devenir curé ! Enfin, en bon performer qu'il est, Mongrain a offert tout un show aux 300 jeunes relationnistes dans la salle. Le conseil qu'il nous a le plus répété ? Ne jamais défendre l'indéfendable. Que dans notre métier, malheureusement, plusieurs de nos présidents nous prendraient comme bouclier humain devant les journalistes, devant le public.

Mais qu'est-ce que l'indéfendable ?

Il y a évidemment des clients, des patrons, des entreprises, des causes qui attirent davantage de sympathie de la part du public et des médias. Mais il y a aussi des organisations qui suscitent moins d'admiration comme les pétrolières ou les industries du tabac par exemple. Toutefois, ces entreprises existent parce qu'elles comblent un besoin (aussi mauvais soit-il) et elles ont droit à une voix. Elles ont droit de faire entendre leurs points de vue et même de montrer leurs bons côtés sans être hypocrites ! Si chaque individu a une part d'ombre et de lumière, pourquoi pas les entreprises ?

Aussi, aucun professionnel en RP ne souhaite se retrouver à défendre son entreprise pour un cas de fraude, de négligence qui a causé la mort d'un employé, de vol, name it. En pareil cas, le relationniste a son rôle à jouer. Gérer les questions des journalistes, rétablir les faits s'ils sont erronés (et dieu sait que lorsque tout le monde s'emballe, on joue au téléphone arabe). Le professionnel en RP doit aussi conseiller les dirigeants sur les moyens de communiquer avec tous ceux qui sont touchés par la crise. Ligne d'urgence, points de presse, messages aux employés, publicité, etc. Vous vous rappelez de Maple Leaf et de la crise de la listériose cet été (je l'ai commentée ici) ? Est-ce qu'il faut condamner en bloc l'entreprise ? Oui, l'entreprise a des torts, mais il y a aussi des centaines, voir des milliers d'employés qui font bien leur job. Je simplifie, mais il y a toujours à mon avis deux côtés à la médaille.

Traitez-moi de naïve, d'éternelle optimiste ou d'idéaliste, mais je ne crois pas que les relationnistes soient de la simple chair à canon. Il y aura toujours des cas plus graves à gérer. Eh oui, il y aura toujours des clients / patrons qui n'auront pas de bons réflexes de communications, qui devront être davantage sensibilisés à l'importance d'être transparents et ouverts au dialogue. Le conseil donc à tous les relationnistes : demeurez authentiques, utilisez votre jugement et faites-vous confiance.

samedi 14 mars 2009

Communiqué de presse 101

En lisant le billet 5 conseils pour se faire connaître via un communiqué de presse ! de Frédéric Canevet, j'ai spontanément eu envie de proposer moi aussi mes trucs et astuces en complémentarité au contenu. Voici mon commentaire qui je crois est un bon billet en soi (même si j'aurais un million d'autres choses à dire sur le sujet... j'y reviendrai !) :

Je suis une professionnelle en relations publiques depuis quelques années au Canada (Québec) et j’aimerais vous donner quelques trucs et conseils suivant mon expérience.

Il ne suffit pas en effet d’avoir une belle plume pour rédiger un bon communiqué de presse, il est même recommander de ne pas utiliser ses talents de romancier pour en écrire un ! Le communiqué se conçoit pratiquement comme un article de journal : phrases courtes, simples et factuels, mots communs (vulgarisés à moins d’écrire pour un magazine scientifique), les infos les plus importantes au début (concept de l’entonnoir). Le titre est d’autant plus important que c’est souvent tout ce que le journaliste prendra le temps de lire (il reçoit des centaines de communiqués par jour). Le titre du communiqué doit être accrocheur, autant que celui d’un courriel au journaliste (pour ne pas que le message passe pour un SPAM).

Pour qu’un communiqué frappe le plus fort possible auprès d’un journaliste, d’autres trucs :
- être en lien avec l’actualité
- respecter un bon timing (parler de produits pour le ski l’hiver par exemple!)
- proposer quelque chose de nouveau (un angle nouveau si le produit existe déjà)
- parler d’une célébrité / personnalité connue

Et je spécifierais qu’il ne faut pas tout mettre notre info dans un seul communiqué, non pas pour que le journaliste nous rappelle (ils prennent rarement le temps à moins que la nouvelle soit une bombe !), mais pour ne pas saturer celui-ci. Un bon communiqué tient sur une seule page (2 pages max). Il est bon de se garder des statistiques / infos complémentaires à notre communiqué afin d’apporter quelque chose de nouveau au journaliste lorsque nous le rappelons pour un suivi. Ça remplace très bien un “avez-vous reçu mon communiqué?” !

mardi 3 mars 2009

Maximiser ses relations sur Twitter

Plusieurs blogueurs ont publié leur liste de personnes à suivre absolument sur Twitter (ici et ici de Dave Fleet, ici de Mitch Joel et ici). Des MUST dans plusieurs domaines (marketing, RP, communication, etc.). On peut aussi avoir accès à un classement de "l'élite" Twitterienne par ville ou région (ici pour Montréal) via l'outil Twitter Grader. En plus, des gens suggèrent des personnes de leurs contacts à suivre avec le code #followfriday dans leurs tweets tous les vendredis. Si vous vous rendez sur Twitter Search et que vous tapez ce code, vous verrez tous les gens qui ont été recommandés au fil des semaines.

Avec tous ces gens qu'on me recommande de suivre, ces experts à lire, ces personnes intéressantes avec qui on peut réseauter, ma liste de contacts a rapidement passé de 20 à plus de 300 ! Dans ma grande sagesse, je me suis donc demandée : comment puis-je maximiser ma relation avec tous ces gens ?

D'abord, j'ai découvert l'outil TwitterDeck qui me permet de créer des groupes. Il faut quand même investir du temps pour revoir les profils des gens que l'on connait moins et les classer. J'ai une colonne pour mes contacts journalistes puis une autre pour les réseaux d'information (Radio-Canada, Branchez-vous, etc.). Suivant les conseils de mon collègue Jordan Chénard, j'ai aussi créé ces trois colonnes :
  1. Suivis privilégiés : les gens que je connais personnellement, les blogueurs que je lis, les gens avec qui j'ai une complicité
  2. Suivis informationnels : les sommités dans les domaines qui m'intéressent, mes contacts qui aiment partager des scoop et des hyperliens pertinents
  3. Suivis "au cas où"
Pour cette dernière catégorie, je ne peux que peux que citer textuellement toujours mon ami Jordan :
Les suivis "au cas où" sont la raisons pour laquelle il est bien de garder tout le monde qui s'ajoute. Ce sont des gens avec qui tu ne seras peut-être jamais porté à répondre ou à échanger. Plus tu suis de gens, plus tu sauras identifier les tendances de l'actualité rapidement. Ex. : L'amerrissage spectaculaire de l'avion l'autre fois, tout Twitter en parlait et c'est arriver dans l'actualité après. Ou les nouvelles sur le marketing : quand les réseaux sociaux font des bourdes où des bons coup, tout Twitter en parle. Et aussi, plus il y a de gens qui te suivent, plus tu as de chance d'avoir des réponses à tes questions publiques. Ex. : Je me demandais quel livre de Malcom Gladwell acheter en premier, j'hésitais pour un cadeau pour mon père. David Usher m'a répondu The Tipping Point et puis quelques autres ont suivi avec la même réponse.
Mon amie Michelle Sullivan m'a dit qu'elle utilisait surtout Twitter Search pour effectuer des suivis pointus sur des sujets selon ses besoins ou bien elle s'abonne aux flus RSS des personnes qu'elles ne veut absolument pas manquer. Pratique !

Certains pensent qu'il faut choisir minutieusement ses contacts sur Twitter, d'autres qu'il faut ouvrir grandes les portes et échanger avec tous ceux qui se présentent. Ça me fait penser au débat des "amis" sur Facebook... De toute façon chacun sa méthode, il ne faut pas s'en faire trop avec tout ça. Twitter est un outil à découvrir, à apprivoiser, mais on ne peut tout lire, ni suivre tout le monde. Twitter est une ouverture de plus sur le monde, une autre façon de participer et de découvrir des gens passionnants qui ont mille et une choses à partager.

Et vous, avez-vous des trucs pour maximiser votre relation avec vos contacts sur Twitter ?