samedi 16 mai 2009

Cas Bixi : éduquer les clients mais surtout nos collègues

Je ne manque assurément pas de sujets pour bloguer... peut-être un peu de temps. Mon ami Jordan appelle ça de la procrastination - attendre le moment parfait / le billet parfait / le sujet parfait avant de publier. Ça se soigne ? :o)

La semaine dernière a été haute en couleur donc pour l'industrie des communications. D'abord, le scandale de Morrow Communication avec le Bixi - faux blogue, personnages fictifs; des échanges avec la communauté basées sur du bidon. "Et puis, ça se fait ailleurs..." de répondre M. Morrow à Patrick Lagacé lorsque celui-ci lui a demandé le pourquoi du comment. Quelle excuse ! Ça se fait si tout le monde le fait ! Comme ma mère me disait plus jeune pour ne pas que je me laisse influencer par toutes sortes de niaiseries : Si quelqu'un saute en bas du pont, sauteras-tu toi aussi ?

Bref, quand d'autres font des choses d'insensées, dois-tu suivre le lot ? Ceux qui agissent sans se poser de questions ne devraient pas agir. Une campagne de communication basée sur la tromperie, ça ne se fait pas, 2.0 ou non. Le gros bon sens, non ? Foutue mauvaise pub pour le Bixi, un projet génial tout de même... Et le client dans tout ça ? Il a acheté ce qu'on lui a vendu comme stratégies et comme tactiques. Doit-on lui en vouloir ? Il a fait affaire avec un "professionnel". Pour citer Guy Litalien, professionnel des RP aguerri, qui commentait l'affaire sur Facebook :

En passant, il est tout de même incroyable qu'aujourd'hui que des pros de la communication omettent la base déontologique de leur pratique. Extrait du code de déontologie de la SQPRP et la SCRP : Tout membre doit s'astreindre aux plus hautes normes d'honnêteté, d'exactitude, d'intégrité, de vérité et ne doit pas sciemment diffuser des informations qu'il sait fausses ou trompeuses.

Tout professionnel des RP soucieux des intérêts de son client ne prendrait le risque de salir l'image de ce dernier, ni de saper la confiance fragile du grand public envers lui. Michelle Sullivan en parle aussi de ce code d'éthique et a même lancée une invitation à M. Morrow pour le 3e mardi de demain ! Pas bête, car il importe que tous nos collègues comunicateurs intéressés par les médias sociaux apprennent à les utiliser dans les règles de l'art. Transparence, authenticité et collaboration. Sinon, comme le dis Marie-Claude Ducas, le grand perdant ce sera 'industrie des communications...

Rappelons au passage que les médias sociaux, ça ne se prête pas à tous les mandats et à tous les clients. Inclure les médias sociaux dans un plan de communication intégrée n'est pas une obligation; il vaut toutefois la peine de s'attarder un instant pour en examiner la pertinence. Selon Dimitri Gourdin, c'est la dictature des médias sociaux qui amènerait plusieurs non-initiés à proposer n'importe quoi à ses clients afin d'être dans le coup. Je suis assez d'accord. Toutefois, la pression vient beaucoup des clients également : ils veulent être dans les médias sociaux. Ils ne savent pas comment ni nécessairement pourquoi parfois, mais ils sont intéressés. À nous de les éduquer. À nous aussi d'éduquer nos collègues qui s'intéressent à la chose. On se voit demain au 3e mardi ?

3 commentaires:

Michelle Sullivan a dit…

Merci beaucoup Sophie - j'apprécie énormément que tu profites de ce sujet pour faire la promotion des événements 3e mardi | Third Tuesday Montréal.

Nous avons la chance d'attirer des invités de grande qualité qui nous offrent de beaux sujets et la possibilité de dialoguer ouvertement entre professionnels. Profitons de leur générosité pour pousser notre réflexion et échanger sur ces nouveaux outils et les meilleures pratiques de l'industrie.

C'est en se parlant ouvertement qu'on arrivera, ensemble, par nos actions et la qualité de nos campagnes, à rehausser la réputation de notre profession.

On se voit demain soir, Sophie. Au plaisir!

Julie Lussier a dit…

Très intéressant et pertinent ce billet. J’aime bien la nuance que tu amènes au débat en citant au passage Dimitri Gourdin et « la dictature des médias sociaux ». Je persiste, tout comme toi, à croire qu’il reste encore bien du chemin à faire. Certains ont tendance à oublier l’objectif pour se concentrer uniquement sur le moyen. Au plaisir de te rencontrer demain!

Sophie Labelle a dit…

Merci pour vos commentaires. Nous avons encore beaucoup à apprendre côté médias sociaux (moi inclue !), mais pourquoi ne pas profiter de la connaissance de chacun ? Le web 2.0, c'est avant-tout, le partage...

@Julie, nous sommes-nous croisées hier ?