Je comprends tout à fait sa position. En relations publiques, les clients mesurent notre performance par le nombre d'articles / mentions dans les médias, et surtout, en nombres de personnes rejointes (un peu comme en publicité même si les deux ne se comparent aucunement). Pour répondre aux attentes de la majorité des clients, il faut donc réussir à rejoindre le plus de monde possible. Vis-à-vis des Canoë ou des Voir.ca, le billet d'un blogueur ne fait pas le poids. Alors pourquoi en relations publiques devrait-on dépenser de l'énergie à rejoindre des blogueurs qui ne parlent en moyenne qu'à 500, 1 000 ou 5 000 francophones au Québec par mois ?
Je ne veux certainement pas rentrer dans le débat journalistes VS blogueurs quant à l'éthique, la pertinence des propos, etc. Je souhaite plutôt souligner ce qu'ils ont en commun. Tous deux ont la capacité de transmettre de l'information oui, mais ils peuvent surtout influencer la population. À ce sujet, Lazerfeld, avec sa théorie du Two Step Flow (The People's Choice - 1944), a été le premier à parler du pouvoir des médias. Dans Wikipédia, on peut lire :
[...] les électeurs, en grande partie, choisissent de voter pour un candidat donné en fonction de leur entourage. Parmi leurs proches, certains sont plus influents : ce sont des « leaders d'opinion ». Or, ceux-ci ont comme particularité d'être à l'écoute des médias et de définir leur position politique selon les messages qu'ils diffusent.
Ça, c'était avant que le journalisme vive les transformations que l'on connaît (coupures, information continue, sensationnalisme, convergence, etc.), avant la mutation de toute l'industrie des communications (omniprésence de l'information) et l'évolution de la psychologie des consommateurs. Les gens n'avalent plus de façon automatique ce que leur disent les médias, ils leur font beaucoup moins confiance qu'auparavant. La profession de journaliste serait même aujourd'hui aussi malmenée que celle de vendeur automobile...
Alors, qui les gens écoutent-ils, à qui font-ils confiance ? À leurs amis, leurs parents, leurs proches, des personnes dans leur réseau. Comme notre réseau s'est pas mal agrandi avec le développement du Web, nos amis ce sont aussi des blogueurs. Leur influence est non négligeable. En tant que leaders d'opinion, ils n'agissent pas comme simple relayeur d'information; ils la choisissent, la digèrent, la remâchent, et la transmettent avec leur saveur, leur couleur, leur propre "sceau de qualité".
En sommes, les relations avec les médias et les blogueurs se comparent, mais ils ne répondent pas aux mêmes objectifs de communication.