Mon collègue François Beaugard - toujours à la recherche d'épineux problèmes d'éthique - m'envoie il y a plusieurs jours ce billet de Patrick Lagacé outré par une AUTRE ignoble stratégie de marketing. Son texte part en fait d'un témoignage d'une collègue, soit la rédactrice en chef du magazine Urbania, horrifiée de s'être "fait avoir" par la nouvelle campagne de Pepsi utilisant les médias sociaux - icicestmieux.ca.
L'histoire ? Un petite couple sur Facebook a demandé à la journaliste de devenir son ami. Elle a accepté, mais Ô scandale, ce petit couple n'était en fait rien d'autre que des marionnettes engagées par Pepsi pour répandre vices et péchés autour d'eux (en fait c'est surtout bonheur et un peu de folie mais bon - chut).
Et voilà que des gens se soulèvent encore une fois, réclamant un monde plus vrai où la justice régnerait et où les pauvres gens ne se feraient pas escroquer par de vils communicateurs en manque d'argent et d'attention. Sentez-vous ici ce vent d'ironie ? Oui, c'est à mon tour d'être outrée de la tournure des choses. Fallait sans doute s'y attendre, les gens se sont fait avoir une fois et maintenant la méfiance règne.
Trouvez-vous que c'est la même chose, vous, cette campagne de Pepsi et celle du Bixi ? Je l'ai vu en plus ce petit couple Facebook dans plusieurs pubs de Pepsi à Musique Plus. Rien de caché, pas de tromperie. Est-ce qu'on a voulu teaser un peu les gens en n'identifiant pas clairement Pepsi ? Je pense que oui. C'est interdit maintenant d'user d'un peu de mystère dans des campagnes ?
Bon peut-être que je prêche pour ma paroisse. Avant de travailler pour une agence, il faut dire que j'ai toujours aimé la pub, la bonne pub, celle qui use de créativité et qui sait comment faire interagir les gens.
Ça me fait pensé au 3e mardi de juin. Je me souviens qu'un des conférenciers - Nicolas Cossette, un gars de l'agence Web NVI - racontait avoir monté une fausse vidéo montrant un requin dans le Saint-Laurent. Bref, cette vidéo avait été envoyée à Dominic Arpin qui l'a publiée sur son blogue pensant que c'était une vidéo bien réelle. Quelques jours plus tard, les gars de l'agence ont dit à Dominic qu'il s'était fait piégé et que cette vidéo annonçait la nouvelle émission Légende urbaine à Canal D. Chouette idée non ? Dominic a trouvé l'astuce bien sympathique aussi. Une fois ce cas raconté, plusieurs participants du 3e mardi ont dénoncé le manque de transparence de cette démarche publicitaire et n'étaient pas d'accord avec cette tactique de "je t'ai bien eu !". Alors, dites-moi, ne peut-on plus surprendre ni les consommateurs, ni les journalistes maintenant ? Et si on peut faire que les gens s'amusent un peu c'est rigolo non ? Je sais que la ligne est mince entre un autre cas Bixi et une simple stratégie créative, mais tout de même, calmons-nous le ponpon un tantinet.
La même histoire se répète maintenant pour les flashmobs avec le cas du rassemblement pour Michael Jackson qui s'est déroulé à Montréal lundi... Sur ce, je vous laisse avec le commentaire de mon ami Laurent Maisonnave sur ce billet :
Dans cette histoire il y a deux clans : Ceux qui y étaient et ceux qui en parlent. J’ai la chance de faire partie du premier groupe. J’ai également la chance d’être membre de la très mal vue «classe des gens de marketing Web qui font de leur mieux pour que la communication sorte de la pub classique de papa» (ouf!).
