dimanche 23 août 2009

Youtube : publier une vidéo pour redorer son image

J'aimerais revenir sur le billet de mon ami Laurent Maisonnave (un expert de la vidéo sur le Web) à propos d'Air Canada qui lançait une série de vidéos sur Youtube. Avec ses vidéos, l'entreprise souhaite sans aucun doute montrer aux consommateurs qu'elle évolue et qu'elle améliore ses services. Sachant que les journalistes ont souvent tendance à préférer mettre l'accent sur nos travers (surtout lorsqu'on est une grande entreprise), diffuser une vidéo sur le Web peut constituer un moyen efficace pour rejoindre sa clientèle et communiquer un message positif. Toutefois, il est clair que l'utilisation de Youtube par Air Canada est à revoir. Comme je le disais à Laurent dans un commentaire, je sais combien il peut être difficile pour les entreprises de s'adapter aux nouvelles réalités du Web. Le Web offre un canal supplémentaire pour communiquer, certes, mais il institue surtout une nouvelle façon de communiquer. Pour certains, l'adaptation se fait de façon plus naturelle, pour d'autres, il faut y aller un pas à la fois (ou pour une agence, un compromis à la fois).

Laurent répond à mon commentaire d'ailleurs comme suit :
"Sans même aller dans le viral, car ce n’est pas non plus le but ultime d’une vidéo en ligne, il est bon de respecter les codes de communication spécifique à Internet. Je suis sûr que si Air Canada t’avait demandé ton avis, tu leur aurais conseillé un peu plus d’ouverture dans leur diffusion."
Il a raison ! Lorsqu'une entreprise veut faire entendre sa voix sur le Web pour rétablir sa réputation, redorer son image ou passer un message important à la population en temps de crise, il y a des nice to have, mais surtout des incontournables (l'ouverture en fait partie). Voici ce j'aurais conseillé :
  • Être authentique dans son discours : Je trouve à ce chapitre que le PDG s'en sort mieux que la dame aux communications visiblement nerveuse. Elle a un air pincée, elle a appris un texte par coeur. Le PDG semble plus décontracté, ses phrases coulent mieux, comme dans une conversation (même s'il est préparé - et il doit l'être).
  • Simplicité dans la production : Une introduction dans la vidéo ? Youtube fournit déjà un espace texte pour décrire la vidéo et la mettre en contexte. Je préfère un minimum de montage (ou pas du tout) pour ne pas alourdir la vidéo. Attention : une vidéo simple ne veut pas dire butchée. On peut apporter une attention particulière au décor et à l'éclairage, mais il faut garder en tête que ce n'est pas une publicité (sinon on achète du temps d'antennes). Une vidéo bien cadrée et de bonne qualité est de mise.
  • Court sans être un court métrage : 8 minutes c'est bon pour une WebTV ou un court métrage. Pour un "message d'intérêt public", mieux vaut être concis, clair et punché. Il y a tant de vidéos sur le net à écouter... Personnellement, je décroche après 1 ou 2 min.
  • L'écrit aussi important que le parlé : Vous savez que dans un communiqué le titre doit révéler clairement la nouvelle ? C'est souvent la seule chose que lira le journaliste. Pour une vidéo c'est le même principe : il doit résumer le contenu. Pourquoi ne pas avoir mis un texte descriptif pour la vidéo et un texte pour le profil d'utilisateur (Air Canada) ? Tant qu'à communiquer, utilisons le maximum d'espace à notre portée. De plus, les textes sur le Web ont une double fonction : ils fournissent de l'information oui, mais ils servent surtout aux moteurs de recherche. Insérer un maximum de mots-clés dans nos textes permet aux internautes de trouver notre vidéo. Sans auditeurs, on parle dans le vide !
  • Laisser place aux commentaires - un critère indiscutable : Les médias sociaux, c'est pour engager la conversation. Si le client tient mordicus à ne pas permettre aux internautes de laisser un commentaire, on oublie Youtube. Ne pas se servir des médias sociaux n'est pas un crime. Utiliser un espace d'échange sans permettre la-dite échange est inconcevable. En agissant de la sorte, l'entreprise envoie clairement le signe qu'elle redoute la critique, qu'elle est fermée au dialogue et pire, qu'elle n'a que faire de l'opinion de ses clients. En tout temps, mais surtout dans un contexte difficile, il est impératif de maintenir une bonne communication avec ses publics. Se replier ne peut qu'aggraver la situation.
Je me souviens qu'en tant de crise l'an dernier (que j'ai commentée ici et ici), Maple Leaf a publié une bonne vidéo sur Youtube. Pas parfaite, mais pertinente. Qu'en pensez-vous ? Quels sont vos incontournables du point de vue technique ou communicationnel pour une vidéo "affaires publiques" sur le Web ?

lundi 17 août 2009

Bulletin électronique et blogue d'entreprise : des outils interchangeables ?

Lorsque je travaillais à Moisson Montréal, je m'occupais du bulletin électronique de l'organisme. Chaque mois, je rédigeais les textes à propos de nos activités, programmes, campagnes, etc. L'objectif était triple : donner les dernières nouvelles à propos de Moisson, entretenir un lien avec les publics internes et externes de l'organisme et assurer une visibilité aux donateurs, partenaires et bénévoles (outil de reconnaissance - visibilité). Il y avait aussi un 4e objectif : engendrer de l'achalandage sur le site Internet - nouveau site Internet. Au fil des mois et du développement de mes connaissances du Web et des médias sociaux, je me suis dis que j'aurais dû créer un blogue "nouvelles" au lieu d'une section Nouvelles statique : un lieu où les gens pourraient commenter les articles et où une discussion serait entamée. Quoi de plus intéressant sachant que Moisson Montréal interagit régulièrement avec environ 30 employés, 1 500 bénévoles, 200 fournisseurs agroalimentaires, 210 organismes communautaires approvisionnés, etc. Et qu'est-ce que le communautaire sinon le lieu de prédilection pour travailler en communauté ?

Remplacer une section Nouvelles par un blogue... est-ce que ça marque la fin du bulletin électronique sachant que les gens peuvent s'abonner au fil RSS et justement recevoir les dernières nouvelles de l'organisme au moment-même où le tout est publié ? Malheureusement, beaucoup ne sont encore pas familiers avec les agrégateurs de nouvelles... Mais alors, peut-on entretenir un blogue et un bulletin électronique sans tomber dans la redondance ?

Selon l'agence Direct Objective, le bulletin électronique et le blogue sont complémentaires :
Les blogues d’entreprise vous donnent la chance d’exprimer vos opinions à propos de divers sujets touchant le marché, tout en discutant des nouvelles tendances. [...] Un bulletin électronique maintient un contact avec vos clients, vos distributeurs et vos clients potentiels, alors qu’un blogue reflète plutôt vos opinions. Il s’agit d’un moyen simple d’informer vos clients des nouvelles de votre entreprise ou de l’industrie en général.
Vous en pensez quoi ? Le blogue d'entreprise et le bulletin sont-ils indissociables ? Doit-on avoir les deux ? Y en a-t-il un à prioriser ?

Pour terminer, quelques lectures pertinentes à propos du bulletin électronique, signées Yannick Manuri :
Pourquoi les internautes se désabonnent-ils de vos bulletins électroniques ?
Bien analyser la performance de vos bulletins électroniques ?