samedi 24 octobre 2009

Médias sociaux et RP : l'importance de travailler en amont

J'ai assisté pour la première fois à l'événement Webcom Montréal qui en était à sa 7e édition jeudi dernier. Parmi toutes les conférences, j'ai beaucoup aimé la pertinence de Shel Holtz et le dynamisme d'Adele McAlear, deux experts que j'avais bien hâte de rencontrer. J'ai même pu échanger avec ceux-ci lors du dîner, quelle chance ! À suivre dans un autre billet...

Une des conférences que j'ai aussi particulièrement appréciée fut celle de Jérôme Hellio de Radio-Canada à propos d'intégration de projets Web liés à des émissions de TV. Jérôme a d'abord spécifié que pour développer un vrai projet multiplateforme avec une émission de TV, on devait considérer cette dernière au départ comme un projet et non comme une émission TV. Par exemple, l'émission Les Invincibles n'est plus qu'une émission que l'on doit décliner sur le Web, mais un projet qui peut être exploité de plusieurs façons. La différence est telle qu'elle permet à l'équipe de travailler le Web en amont et de faire en sorte que toutes les parties sont interreliées. Travailler en amont, travailler en amont et travailler en amont, voilà le mot d'ordre !

Ça m'a rappelé justement la difficulté que nous avons souvent, professionnels en RP, de faire valoir à la direction ou auprès des responsables des prises de décisions l'importance de considérer les RP non comme seulement un moyen, mais comme une fonction de gestion. Par exemple, en agence, il faut que les RP s'asseoient à la table avec les gens du marketing, de la publicité et du Web afin de faire partie intégrante des stratégies. Ce n'est jamais acquis !

Les médias sociaux ne sont aussi pas seulement un moyen, mais une philosophie. On doit les considérer dès le départ pour un mandat afin de générer le maximum d'impact et permettre une gestion plus harmonieuse et intégrée de cet aspect dans l'ensemble d'un projet. Les RP ne sont pas seulement des relations de presse, comme les médias sociaux ne sont pas qu'une vidéo sur YouTube.

Le travail est de longue haleine, mais il en vaut la chandelle !

mardi 6 octobre 2009

L'agence et son client : l'art du compromis

Je suis une idéaliste, une revendicatrice dans l'âme. Née dans une autre génération, j'aurais sans doute été syndicaliste comme mon père ! Prête à défendre la veuve et l'orphelin, telle une journaliste en quête de vérité. Une fille de principe, sans appel, sans équivoque.

Plus jeune, j'avais des opinions plutôt tranchées; mes propos avaient l'avantage d'être clairs ! Puis j'ai découvert la négociation, l'art du compromis. J'ai souvent joué les abrites avec mes amies, écoutant l'une puis convainquant l'autre de faire la paix. J'ai depuis fait réellement mienne cette façon de fonctionner : je fais un pas en avant si tu avances vers moi toi aussi.

Je dois dire qu'en agence, j'expérimente ce mantra tous les jours. Avec mes collègues oui, mais surtout avec mes clients. Souvent, on prépare des heures durant une proposition pour une client pour apprendre en fin de compte que la moitié des recommandations ont été retenues. Que fait-on ? On se retire complètement du projet ou un trouve un terrain d'entente ?

Beaucoup pense que les agences font des compromis que pour l'argent. Peu importe le mandat, on va le faire, on veut être payer. Je ne pense pas. Je pense que les bonnes agences savent faire des compromis, car c'est comme ça que l'on gagne la confiance des clients. C'est lorsque chacun fait son bout de chemin qu'on se parle sans se choquer, qu'on travaille en équipe, qu'on évolue ensemble, petits pas par petits pas. Il y a des moments où l'on doit perdre une petite bataille pour gagner de grandes victoires.

Que fait-on lorsqu'on conseille un client et qu'il refuse de nous écouter ? On l'écoute, on trouve ce qui l'inquiète, on le rassure, on lui explique autrement. Il a sans doute raison de réagir ainsi. Et nous avons raison aussi de notre côté probablement. En fait, nous avons tous les deux en partie raison. Trouvons donc ce qui nous rassemble au lieu de mettre l'accent sur ce qui nous sépare. Que de sages paroles ! Ça demeure un défi quotidien, pour les juniors comme pour les professionnels aguerris, je n'en doute point.

Je ne me souviens pas avoir déjà convaincue quelqu'un de changer d'idée et d'opter pour la mienne en demeurant ferme. La fermeté peut amener quelqu'un à agir comme on le veut, mais s'il le fait que parce qu'il est intimidé, le changement ne se fera pas en profondeur. L'agence doit être là pour accompagner son client, le soutenir dans son cheminement, lui ouvrir des portes qu'il ne croyait pouvoir atteindre. Et si le mandat n'est pas tout à fait ce qu'il devrait être ? Ni ce que nous aurions aimé ? On se concentre sur ce que l'on peut accomplir ensemble, même s ce n'est pas parfait.

Des compromis parce que chaque client a son rythme, sa culture, son passé. Souvent des évidences pour nous constituent de réelles révélations pour d'autres ! J'apprends à être plus subtiles dans mes approches, plus stratégiques dans mes conseils, plus nuancées dans mes opinions, car ce n'est pas à coups de massues que l'on fait passer ses idées.

Mais... où ne doit-on faire aucun compromis ?