vendredi 20 août 2010

Le Web : cause ou solution à la crise des médias?

La question n'est pas de moi. Elle a été posée à trois journalistes la semaine dernière. Leurs propos sont relatés sur le blogue du 30. En résumé, le Web offre de belles opportunités pour qui sera bien les saisir, mais demeure en ce moment un lieu d'essais et d'erreurs. Tous les joueurs se regardent aller et prennent des notes.

Il y a longtemps qu'on en parle de la crise des médias due, entre autres, à l'explosion du Web. Comment vivent les journaux et les magazines cette avènement des médias sociaux ? La montée du journalisme-citoyen ? Les réseaux sociaux comme Twitter qui diffusent un scoop plus vite que leur ombre ? Les blogueurs qui commentent l'actualité à qui mieux-mieux, qui se font inviter dans des événements de presse et qui sont souvent reconnus comme experts et influenceurs de premier ordre dans un domaine en particulier ?

Tous les journaux exploitent maintenant une plate-forme Web, copie-conforme de leur format papier ou version améliorée. Des journalistes deviennent aussi blogueurs, des chroniqueurs s'ouvrent aux commentaires de leurs lecteurs. Certains ont un compte Facebook (le Globe and Mail est d'ailleurs un exemple à suivre), d'autres développent des applications originales (Le New York Times sur Facebook avec son Times People). Avec la sortie du Ipad, plusieurs médias y ont aussi vu une opportunité pour ceux voulant trouver un espèce d'équilibre technologique entre l'amour du papier grand format et les possibilités interactives immenses du Web. J'en parlais justement ici me demandant si le Ipad serait le messie tant attendu à la crise des médias imprimés. Intéressant ici de voir par exemple ce top 10 des des meilleures applications d’actualités et de journaux payantes.

Sophie Cousineau a d'ailleurs eu une réflexion à propos du Ipad et des quotidiens dans un article publié dans La Presse Affaires. Elle confirme les multiples possibilités qu'offre le Ipad, mais souligne du même coup l'hégémonie d'Apple qui impose aux médias de passer par son site pour offrir leur application. Le Wall Street Journal a tout de même tenu bon et a décidé d'offrir la sienne directement sur son site Web. D'autres médias se sont regroupés sous le nom de Next Issue Media. Comme le souligne la journaliste :
Time, Condé Nast, Hearst, News Corporation et Meredith se sont associés pour créer leur propre kiosque à journaux virtuels appelé Next Issue Media. Lorsque ce magasin ouvrira, les consommateurs pourront y acheter leurs revues, livres et journaux. Ils pourront les lire sur leur téléphone intelligent, tablette électronique ou ordinateur, et cela, peu importe le fabricant, grâce à une technologie ouverte.
Comment maintenant se positionneront nos médias québécois ?

2 commentaires:

Christian Leray a dit…

Bonjour Aurélie!

Comme j'aime aller à contre-courrant, je dirai que le web n'est ni la cause ni la solution à la "crise" des médias.

D'abord les médias sont-ils vraiment en crise? Au Québec par exemple les ventes se maintiennent alors que tout le contenu est en ligne et qu'il y a des journaux gratuits.

Le vrai problème est la dépendance financière à la publicité (qui pèse sur l'information émise) et la qualité de l'information.

Le taux de confiance de la population envers les médias a rarement été aussi faible. Ceci explique sans doute cela!

Sophie Labelle a dit…

Merci Christian pour ton commentaire. Je suis tout à fait d'accord avec toi sur la dépendance des médias écrits à la publicité. Concernant la santé de nos magazines au Québec, même si l'industrie est moins touchée qu'ailleurs (aux États-Unis par exemple), elle vit les mêmes bouleversements et se pose les mêmes questions. Comment s'adapter ? Quelle est notre niche ? vers où évoluer ? Se remettre en question somme toute n'a jamais fait de mal à personne.

Ah oui et puis moi, c'est Sophie pas Aurélie ;o)