dimanche 10 janvier 2010

Mirador : pourquoi écouter cette fiction sur les relations publiques


Comme on dit chez Mirador, une crise c'est de la visibilité non sollicitée but it's still visibility


En entendant cette phrase au tout début de la première émission de la nouvelle série Mirador à Radio-Canada, je me suis esclaffée. Ben voyons, c'est quoi ça ?! Une crise venait d'éclater
pour un client dans le bureau d'un grand cabinet de relations publiques. "Parlez-en bien, parlez-en mal, mais parlez-en" n'est pas le dicton préféré des professionnels de mon industrie il me semble. Aucune entreprise, aucun client n'est content lorsque sa réputation est en jeu. Toutefois, il est vrai que, quand une crise survient, il faut profiter de la tribune que nous offre les médias pour faire valoir son point de vue, ses arguments, ses correctifs afin que la population soit informée rapidement.

Je dois dire que des répliques comme celle lancée par le très caricatural "méchant Luc" dans la série Mirador m'ont au départ mis dans un esprit très critique, mais par la suite fait tout simplement bien rire au fil que l'émission avançait. Pourquoi se prendre la tête, ce n'est pas un documentaire comme me l'a rappelé Jean Gosselin (anciennement de National) sur Twitter, mais bien une fiction. Il faut en rire ! Le pari a été gagné, je me suis laissée divertir pendant une heure et, curieuse, j'ai bien hâte de visionner la 2e émission.


Et vous, vous allez écouter le 2e épisode de Mirador ?

Voici un survol de ce que blogueurs de l'industrie des communication en ont pensé :

Eh oui ! Aussi bien vous y faire: on est en télé, dans une émission populaire. Et donc, il est sûr que, pour des besoins d’images, d’impact et de mise en scène, on exagère ici, on prend des raccourcis là… Vous pourrez d’ailleurs avoir une petite idée de ce que nous, journalistes, pouvions nous dire à l’époque en regardant Scoop. Et puis après cela, réjouissez-vous : honnêtement, auriez-vous cru que le métier de relationniste pourrait se révéler assez « sexy » pour faire l’objet d’une série télé du genre ? - Marie-Claude Ducas
Moi, j’ai beaucoup aimé. Le ton, la facture, les personnages, les répliques assassines, la critique du milieu des relations publiques, des journalistes. Oui, c’est tiré par les cheveux, mais mauditement bien tiré par les cheveux! Après tout, on fait de la fiction ici. - Richard Therrien
Une série ça doit faire des vagues et susciter des réactions pour que l’audimat monte, on n’y peut rien, c’est la nature humaine (et la business!). J’espère simplement que le personnage de Philippe Racine (Patrick Labbé) restera crédible et ne tombera pas dans le cliché du bon-gentil-niaiseux!!! Si la série échappe à une vision trop manichéenne du monde, alors ça pourra être vraiment bien ! - Aurélie Alaume
L'écriture punchée (ça doit venir de l'humour), la réalisation et le montage rythmés et les interprètes en pleine possession de leurs moyens, m'ont donné envie d'écouter le second épisode. Pas de prolongation pour Mirador! J'ai déjà hâte de retrouver Catherine Trudeau dans son rôle de chargée de projet ''à la broue dans le toupet'', de voir Luc Racine (l'étincelant David La Haye) mordre la poussière et le beau Patrick Labbé sauver la veuve et l'orphelin ''Pi.Rment'' parlant bien sûr! - Catherine Doucet
Il y a comme une espèce de paranoïa autour des firmes de relations publiques, notamment en ce qui a trait à leur supposé contrôle de l’information et des médias.
Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce qu’il y a de mal à vouloir défendre la réputation de son employeur ou de son client ? Reproche-t-on aux avocats de défendre les criminels ? Reproche-t-on aux cadres du Journal de Montréal de transmettre une information biaisée en rapport avec le conflit des journalistes de ce quotidien ? Vous pensez qu’une organisation vous ment? Posez des questions, renseignez-vous à plus qu’une source, passez au crible les informations qu’on vous soumet. - Stéphane Lacroix

Bien sûr, les personnages sont caricaturaux – journalistes autant que relationnistes –, les situations présentées ne correspondent pas à la réalité de tous les professionnels du milieu, mais ça demeure suffisamment réaliste pour être convaincant et suffisamment original pour attirer le grand public. Et c’est de la fiction, il faut accepter de se laisser organiser par le gars des vues, dit Bernard Motulsky. - Bernard Motulsky
Et vous, qu'en avez-vous pensé de cette série ? Quelles sont vos réactions ?

À lire aussi la lettre publiée par Guy Versailles, membre de la SQPRP, dans Le Devoir.
Mirador en ligne ou LIVE le mercredi 21 h à Radio-Canada.