Les jeunes de ma génération ont un besoin criant d'obtenir de la reconnaissance au boulot. Sommes-nous tous des enfants de parents divorcés qui ont nécessairement manqué d'attention? Je n'en sais trop rien. Nous aimons savoir si notre travail est bien fait et apprécié de nos patrons. D'ailleurs, lorsque j'ai annoncé à ma directrice (aussi dg) que notre équipe éprouvait un manque de reconnaissance, elle ne comprenait pas trop pourquoi : elle dit souvent haut et fort aux gens qui nous visitent combien elle apprécie le travail de chacun d'entre nous. De temps à autre, elle envoie aussi des courriels "à tous" nous félicitant pour notre beau travail. Est-ce suffisant ?Reconnaître ses employés, c'est donner de la rétroaction sur ce qui a été fait et reconnaître sa valeur. Dans un de ses articles (dans Affaires Plus), Nathalie Francisci énumère différentes façons pour les employeurs de montrer leur reconnaissance. Le secret : faire preuve d'empathie, d'écoute, apprendre à connaître ses employés et prendre le temps de communiquer. Un bon commentaire ne doit pas seulement être positif, il doit sonner "vrai". Pour qu'il soit efficace, il faut que la personne qui le dise fasse un effort pour personnaliser son propos.
Quand j'ai dit à ma patronne que tenir une évaluation annuelle des employés était une forme de reconnaissance, elle a sourcillé. Pourtant, l'évaluation d'un employé est un moment-clé pour revenir sur ses besoins et ses attentes, pour évaluer ses objectifs et donc pour souligner ses bons coups tout en faisant des commentaires constructifs. L'évaluation c'est reconnaître tout ce qui a été fait dans la dernière année, c'est l'excuse magique pour échanger.
Selon ma directrice, la plus belle reconnaissance dont elle fait preuve pour un employé est la latitude qu'elle lui donne dans le cadre de son travail. Pour elle, c'est là le signe d'une grande confiance en les capacités de la personne. Je suis d'accord. Toutefois, en laissant beaucoup de liberté et d'autonomie à un employé, souvent les gestionnaires en oublient de maintenir un contact régulier avec lui. Quelques suggestions : faire un effort pour ne pas trop passer d'un dossier à l'autre à la vitesse de la lumière, planifier une rencontre bimensuelle pour suivi de dossiers, organiser un dîner informel, s'intéresser à l'employé et à la personne. Attention donc : donner de la liberté à un employé c'est bien, interagir avec lui c'est mieux. Sinon la confiance sera perçue comme de l'indifférence.
4 commentaires:
Ce billet décrit directement une grande lacune dans mon univers professionnel actuel.
Je crois qu'un nouveau lecteur assidu de ce blogue vient de naître.
Merci pour le commentaire ! Je suis heureuse que ma directrice ait été ouverte à discuter du sujet avec moi. Être une "bonne boss" ne doit pas être de tout repos. Quelle surprise elle aura en revenant de vacances en voyant une copie de l'article de Nathalie Francisci dans son pigeonnier... À suivre
Si je crois ce que je lis, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la Génération Y rechercherait en effet non seulement de la reconnaissance mais de l'encadrement. Plus souvent 'enfants rois' que ceux issus de la Génération X (la mienne), ils sont un peu moins indépendants et, comme tu dis, sont assoifés de reconnaissance. Exigent, un enfant roi! :)
Un peu de lecture de chevet pour les gestionnaires : http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1640395,00.html
Hum, je ne sais pas si encadrement rime nécessairement avec moins d'indépendance. Si je prends mon propre exemple, je suis et je me dois d'être hyper indépendante à mon travail. J'apprécie justement ne pas me faire trop "bosser", caractère d'enfant-roi oblige :o) Mais en même temps, je veux sentir que mon patron est derrière moi, qu'il s'intéresse à ce que je fais, etc. Peut-être que les autres générations savent mieux "s'auto-féliciter" et en attendent moins de leur patron ?
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