dimanche 9 novembre 2008

Journaliste VS relationniste

La guéguerre journaliste vs relationniste ne date pas d'hier. Déjà, le terme "relationniste" est même devenu péjoratif. À ce qu'on dit, un relationniste ça "joue de ses relations" pour téter des journalistes, ça va dans des 5 à 7 pour placoter et prendre un verre, bref, ça fait du PR...

Même si le métier de journaliste est aussi de plus en plus mal perçu par le public (on leur ferait autant confiance qu'à un agent immobiliers), des flèches sont régulièrement décochées pour rabrouer les RP. La dernière, lancée par une chroniqueuse française, a soulevé les foudres de nombreux professionnels en relations publiques .
"Figurez-vous qu’il existe une école pour apprendre à être attachée de presse et donc faire (je décroche le téléphone et compose un numéro) "oh crotte, je me suis trompée j’ai les doigts trop gros, ça rentre pas". Et nous avons un concours d’entrée un peu compliqué « alors maintenant question piège : quel est votre prénom ?" très certainement. 4 ans d’études pour faire "Mouaaaaaais il faut que tu fasses un papier sur mon client, il est super cool" moi je dis, ça les vaut."
Une simple satire que de clamer la chroniqueuse et ses fans. Humour douteux non ? Très de mauvais goût à mon avis, on y sent le mépris, même si l'auteure a déjà été elle-même relationniste. Devant cette perception biaisée du métier de relationniste, Arnaud Meunier en appelle à la responsabilisation des communicateurs qui doivent y voir là une occasion de se questionner. Pourquoi projette-t-on cette image erronée auprès d'une partie du public et des journalistes ?

Plusieurs qualifient de montée de lait la levée de boucliers des professionnels qui ont réagi aux propos de la chroniqueuse. Pour ma part, je crois que pour que notre métier soit mieux compris, il ne faut pas laisser de telles sottises se dire publiquement sans réagir. Sans être allergique à l'autodérision, les professionnels en RP doivent se manifester chaque fois qu'on descend la profession afin de rectifier les faits. Améliorer la communication avec le public, n'est-ce pas du même coup la raison d'être de tout relationniste pour son entreprise ou son client ?

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Très intéressant Sophie,
c'est sûr qu'améliorer la perception qu'ont les gens de ce qu'est un relationniste devrait faire partie de notre mission, en même temps j'aurais envie de dire (je dois être un peu fataliste) que "Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés".

Ceci dit, il s'agissait d'une chronique qui se voulait être humoristique...et qui n'a pas été perçue de la sorte, comme quoi "dur, dur d'être bien compris" même quand on est journaliste ex-relationniste !

Aurélie

Jordan Chénard a dit…

De mon côté je ne suis pas vraiment d'accord avec cette lever de bouclier. Aujourd'hui les médias se la joue provocateur pour créer des réactions pour la simple et bonne raison que cela attire le publique.

La chroniqueuse voulait clairement être humoristique et provoquer pour créer de la réaction. C'était un peu enfantin et pas fort fort, je le concède, mais je ne conseil pas de réagir à ça. Cela donne une impression de fragilité et de suceptibilité de notre part. Laissons les hyperactifs s'énerver dans leur court d'école.

D'autant plus qu'il est épuisant de se défendre toujours contre les détracteurs. Il faut garder notre énergie pour les vrais saloperies médiatique plus graves: être mal cité dans une entrevue sérieuse, des rumeurs brisant complètement une réputation et qui sont propager de façon «crédible» (violence, alcoolisme, drogue, inceste, etc.).

La provocation pure et simple devient un chant du signe pour la majorité des médias coincés dans des modèles archaïques voulant que «le cash est dans la cote d'écoute». Ça l'implique donc de troquer de la qualité pour de la médiocrité. Si nous commençons à se défendre contre le manque de contenu, on va perdre beaucoup de temps pour améliorer le nôtre.

Sophie Labelle a dit…

@ jordan chénard
Il est certain que les médias véhiculent des "saloperies", pour reprendre tes mots, qui méritent davantage qu'on "lève le flag". Je m'attardais surtout à dire que les PR, dans le cas qui nous préoccupe présentement, est un domaine souvent décrié par les médias, mal compris. On parle souvent de "stratégies de RP" en faisant allusions des campagne de peur, à des mensonges ou à un manque de transparence d'une entreprise alors que les relations publiques sont tout autre.

Dans le cas de notre chroniqueuse française, si on se fie aux commentaires laissés par plusieurs relationnistes, on peut convenir effectivement que plusieurs se sont laissés emporter par les émotions. Il faut reconnaître que le texte a choqué, et il est aussi vrai qu'il a été rédigé en ce sens. Je crois cependant que même s'il y a des batailles plus importantes à gagner, je réitère le fait qu'il est important de ne pas laisser la profession se faire rabrouer, humour ou pas. Tout est dans le ton de la réponse, il faut demeurer courtois et professionnel. Desfois ce n'est pas tant de "corriger" la journaliste, que d'informer son public...

Jordan Chénard a dit…

Très bien dit. En effet, je saisis beaucoup mieux le point et j'approuve pleinement. ;)

Sophie Labelle a dit…

Ceci dit tu avais tout à fait le droit de ne pas être d'accord ! On jase comme dirait Guy A. Lepage :o)

Jordan Chénard a dit…

Haha! Je sais! Mais je ne suis pas orgueilleux si j'vois que je n'avais pas la bonne perception. Juste avec ta réponse, j'ai reconcidéré et mieux saisi ce que tu disais.

Parfois la communication ne se fait pas à 100%. Sans le vouloir j'ai interprèté un peu trop à ma façon l'idée générale du billet.

Je ne me rétracte pas mais l'opinion que j'ai émise n'était pas parfaitement en lien avec ton post. ;)

C'est en jasant et en s'écoutant qu'on s'comprend, comme dirais l'autre. :P

Cecile Gladel a dit…

ahhh l'éternelle question.
J'ai été journaliste puis relationniste puis retour au journalisme. Je m'entendais bien avec les journalistes. Maintenant, il y a certains relationnistes agréables avec qui j'ai établi une belle relation. Mais mais certains ne l'ont pas. Comme certains journalistes non plus.
Dans tout ça, je pense que les relationnistes doivent améliorer leur relation avec les journalistes. Puisqu'on joue sur le même terrain.
Par exemple, à titre de journaliste je déteste qu'on m'appelle pour me rappeler un événement...le courriel c'est parfait non. Les bébelles inutiles, le pushing, etc...
Les journalistes doivent aussi vous taper sur les nerfs parfois...;-)

Sophie Labelle a dit…

Bonjour Cécile, merci pour votre commentaire ! Je ne savais pas que vous aviez déjà coiffé le chapeau de relationniste.

Tantôt les relationnistes se démènent comme des diables pour trouver des chiffres utiles pour votre article dû pour hier. Tantôt vous nous tendez une oreille attentive lorsqu'on vous propose un sujet pertinent. C'est un donnant-donnant lorsque la relation est établie. Il est certain qu'un bon relationniste connaît les attentes et la réalité des journalistes. Il faut dire que l'expérience "rentre" un moment donné aussi, soyez indulgents envers les relationnistes plus juniors ! L'important est qu'un dialogue s'installe, car on travaille tellement mieux sans se faire la gueule. Je crois toutefois qu'il y aura toujours des relations plus tendues entre les relationnistes et les journalistes du milieu politique par exemple...

On vous aime ben pareil les journalistes. :o) Outre notre rôle de relationniste, nous sommes aussi vos fidèles lecteurs.